Se libérer de la colère contre quelqu'un : pourquoi elle revient et comment la poser
Une colère qui ne passe pas contre quelqu'un qui vous a fait du mal ? Ce qu'elle protège en vous, pourquoi elle revient, et des exercices concrets pour la poser.
Il y a des colères qui passent en une heure. Et il y en a qui restent des années. Contre un ex, un parent, un associé, quelqu'un qui vous a trahi(e) ou humilié(e). Vous n'y pensez pas tout le temps, mais il suffit d'un nom, d'une photo, d'une situation qui ressemble, et tout remonte, intact.
Si c'est votre cas, voici ce qu'il faut comprendre : cette colère ne touche pas la personne qui vous a fait du mal. Elle vit sa vie. C'est vous qui portez la colère, dans votre corps, tous les jours.
La colère n'est pas votre ennemie
La colère est une émotion utile. Elle signale qu'une limite a été franchie, qu'une injustice a eu lieu, que quelque chose d'important pour vous a été piétiné. Sur le moment, elle vous protège.
Le problème n'est donc pas d'avoir ressenti de la colère. Le problème, c'est une colère qui n'a jamais pu sortir. Elle n'a pas été exprimée, pas reconnue, pas réparée. Alors elle reste stockée, et elle se réveille chaque fois que quelque chose lui ressemble.
Poser sa colère, ce n'est pas excuser l'autre. C'est arrêter de payer, tous les jours, pour ce qu'il a fait.
Pourquoi la colère revient toujours
Quand vous vivez une situation menaçante, une petite structure du cerveau, l'amygdale, déclenche une réaction très rapide : le cœur accélère, les muscles se tendent, la mâchoire se serre. C'est un système de survie, plus rapide que la réflexion.
Si l'événement n'a jamais été « digéré », votre cerveau garde l'association en mémoire : cette situation = danger. Résultat : des années plus tard, un simple détail suffit à relancer toute la réaction, avant même que vous ayez eu le temps de réfléchir. C'est pour cela que l'on peut se dire « je suis passé(e) à autre chose » et sentir quand même le sang monter.
Souvent aussi, la colère protège une émotion plus vulnérable : de la tristesse, de la honte, un sentiment d'abandon ou d'injustice. Il est plus supportable d'être en colère que de se sentir blessé(e).
Les trois questions à vous poser
Prenez un instant et répondez par écrit :
- Contre qui est cette colère, exactement ? Parfois, derrière la personne visible, il y en a une autre, plus ancienne.
- Qu'est-ce qui a été franchi ? Le respect, la confiance, la justice, votre sécurité ?
- Qu'est-ce que vous auriez eu besoin d'entendre ? « Je suis désolé(e) », « tu avais raison », « ce n'était pas de ta faute » ?
La réponse à la troisième question est souvent la clé : c'est le besoin qui n'a pas été comblé qui maintient la colère en vie.
Trois exercices pour poser votre colère
Exercice
La respiration qui calme le corps d'abord
On ne raisonne pas une colère tant que le corps est en alerte. Quand elle monte : posez une main sur votre ventre, inspirez par le nez pendant 4 secondes, bloquez 4 secondes, soufflez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez cinq fois.
L'expiration plus longue que l'inspiration envoie au système nerveux un signal de sécurité. Le corps redescend, et vous pouvez choisir votre réaction au lieu de la subir.
La lettre que vous n'enverrez jamais. Ce soir, écrivez à cette personne. Tout, sans filtre, sans chercher à être juste ou mesuré(e). Puis relisez-la une fois, et déchirez-la ou brûlez-la. Vous donnez enfin à la colère une sortie, sans conséquence pour personne.
Revenir aux faits. Sur une feuille, à gauche, écrivez ce qui s'est réellement passé, uniquement les faits. À droite, ce que vous vous racontez depuis (« je n'aurais jamais dû », « je ne vaux rien », « il a gagné »). Vous verrez qu'une grande partie de la souffrance vient de la colonne de droite, et que celle-là, vous pouvez la changer.
Quand la colère est trop ancienne pour partir seule
Certaines colères sont trop profondes pour être réglées par la seule volonté. Elles remontent à l'enfance, à une trahison majeure, à des années de situations subies. Dans ce cas, on peut comprendre parfaitement d'où elle vient… et la ressentir quand même. Parce que la compréhension se fait dans la tête, alors que la colère est stockée dans la mémoire émotionnelle.
C'est précisément là que travaille l'hypnose thérapeutique. Dans un état de concentration profonde, on revient vers l'origine de l'émotion, on lui permet enfin de s'exprimer, et on retire la charge qui la rendait si vive. Le souvenir reste, mais il perd sa force.
À l'AS Player Institute, ce travail est le cœur de la séance thérapeutique du mercredi, en groupe et en direct. Et la pratique quotidienne de l'hypnose méditative aide le système nerveux à rester plus stable entre deux séances, pour que la colère monte moins vite et redescende plus facilement.
Si votre colère est liée à une rupture, lisez aussi : comment couper un lien affectif qui vous fait souffrir.
Questions fréquentes
Faut-il pardonner pour se libérer de la colère ?
Pas forcément. Pardonner est un choix personnel, pas une obligation. Se libérer de la colère, c'est cesser de la porter. Vous pouvez poser votre colère sans jamais excuser ce qui s'est passé, ni reprendre contact avec la personne.
Pourquoi suis-je toujours en colère des années après ?
Parce que l'émotion n'a jamais pu être exprimée ou réparée. Le cerveau garde alors l'association entre la situation et le danger, et la réactive au moindre rappel. Ce n'est pas un manque de volonté : c'est une mémoire émotionnelle qui n'a pas encore été traitée.
L'hypnose peut-elle aider à gérer la colère ?
L'hypnose aide à accéder à l'origine émotionnelle de la colère et à en diminuer la charge, et la pratique régulière de la méditation guidée aide à apaiser le système nerveux. Si votre colère s'accompagne de violence envers vous-même ou les autres, parlez-en aussi à un professionnel de santé.
Cet article relève du développement personnel. Il ne remplace pas un avis médical ni un suivi psychologique. Si vous traversez des idées suicidaires, appelez le 3114 (France, 24 h/24, gratuit) ou le 112 en cas d'urgence.